Le mond-Eco
Derniers articles

20/03 à 07:34 Inclusion financière/ ​​Daouda Coulibaly, DG de la SIB " Il faut inventer autre chose"

20/03 à 07:32 Le Chef de l’Etat ivoirien a regagné Abidjan après un séjour en France

20/03 à 07:30 La Ligue Ivoirienne des Secrétaires (LIS se remet au goùut du jour et reclame plus de considération

20/03 à 07:27 Jeux de la Francophonie: La Secrétaire générale de l’OIF en visite officielle en Côte d’Ivoire

20/03 à 07:25 Forum Economique Mondial (WEF) : Le Ministre Abdourahmane CISSE parmi les 100 jeunes leaders

20/03 à 07:23 De passage en France, le président Alassane.O sollicite un appui financier pour son métro

20/03 à 07:18 Justice: Les arrangements entre la Côte d'ivoire et la France ne font pas la loi

20/03 à 07:06 Niger: Une commission parlementaire va enquêter sur l’Uraniumgate

20/03 à 07:03 En Afrique, les grandes villes explosent mais créent peu de richesse

16/03 à 07:30 Paris ouvert à "toutes propositions" lors de la réunion des pays de la zone franc CFA en avril

Au Maroc, 6 travailleurs sur 10 n’ont aucun diplôme

Faible qualification des travailleurs, insertion difficile, violation du Code du travail... Le Haut commissariat au plan a passé le marché de l'emploi marocain au peigne fin, et les résultats sont édifiants.

Au Maroc, 6 travailleurs sur 10 n’ont aucun diplôme

C’est une étude alarmante qui découle de ces recherches et que vient de publier le Haut Commissariat au plan (HCP), samedi 11 février, sur « la qualité de l’emploi en 2016 au Maroc ». Près d’un jeune sur quatre âgé de 15 à 24 ans ne travaille pas, ne va pas à l’école et ne suit aucune formation. Cette proportion atteint 44% parmi les jeunes femmes.

Voilà qui remet en question nombre d’idées préconçues sur la bonne santé de l’économie marocaine, notamment sur son taux de chômage, considéré comme « maîtrisé ». Depuis la politique de l’austérité budgétaire, imposée par le gouvernement socialiste de Abderrahmane Youssoufi (1998-2002), ce taux oscille entre 9 et 10%. Et ça n’est pas tout.

Emplois précaires

Selon l’étude du HCP, plus de 60% des personnes actives, dont le nombre dépasse les 10,6 millions, n’ont aucun diplôme. Cette part de la population travaille essentiellement dans l’agriculture, la forêt et la pêche − elle occupe 82,7% des emplois du secteur −, un domaine qui a toujours été au cœur de l’économie marocaine mais qui est aussi connu pour faire appel à des travailleurs saisonniers.

Il est suivi par le BTP, autre abonné au travail saisonnier, qui  fournit des emplois à 64,9% des actifs non diplômés.

Autre réalité inquiétante révélée par cette étude : sur les 10,6 millions d’actifs occupés au Maroc, plus de 2,1 millions exercent un emploi non rémunéré. L’étude du HCP ne dit pas comment ils font pour vivre, ni quel type de travail ils exercent. Si les chiffres sont choquants, ils ne sont pas accompagnés de commentaires qui permettent d’expliquer les raisons de ces dysfonctionnements et de mieux cerner la réalité du marché de l’emploi.

Dans l’étude du HCP, on retiendra aussi que quatre actifs sur dix (4,3 millions de personnes) travaillent plus de 48 heures par semaine au niveau national. Un peu moins de la moitié sont des citadins.

Travail au noir

Depuis 2000, le Maroc ne cesse de brandir sa volonté de promouvoir l’emploi des jeunes. Mais la désorganisation qui règne dans certains secteurs de l’économie marocaine, la défaillance de l’enseignement public et l’abandon scolaire ne l’aident pas.

Ainsi, près des deux tiers des salariés marocains, évalués à plus de 3 millions, ne disposent pas de contrat qui formalise leur relation avec leur employeur − ils sont 716 000 dans ce cas, dans le secteur du BTP −. Une réalité inquiétante, dans un pays où le travail non déclaré continue à sévir malgré les campagnes de redressement menées par le gouvernement auprès des entreprises.

Au manque de transparence des patrons d’entreprise, s’ajoute la quasi-absence d’encadrement syndical et professionnel. La majorité des salariés ne sont pas affiliés à une organisation syndicale ou professionnelle, révèle l’étude du HCP. Ce qui ne permet pas aux employés de protéger leurs droits et d’améliorer leurs conditions de travail.

Insatisfaction 

La conséquence inévitable de cette précarité est que près d’un actif occupé sur cinq n’est pas satisfait de son emploi et exprime le désir d’en changer, conclut l’étude.

Nadia Lamlili

© 2014 Challengesradio.com 1.0 - Actualité économique de Côte d'Ivoire - Tous droits résérvés.